GTAO : les travaux du groupe Communication / Florence Rivière

19 04 2009

Après un rappel historique sur la constitution du GTAO et la manière dont les groupes de travail s’articulent, retour sur le groupe Communication, ses actions, ses objectifs (sensibilisation du public aux enjeux et problèmes liés aux AO, réponses à des questions précises via la FAQ).

La présentation s’oriente ensuite vers une découverte en ligne et en direct du site web (complémentaire du site web du COST) issu des travaux du groupe avec présentation de sa structure, des options choisies, et des perspectives d’évolution du site.

Daniel Bourrion.





Le contexte français

19 04 2009

Cette session a été tout d’abord l’occasion pour Geneviève Gourdet de faire le point sur le protocole d’accord signé en 2006 par les EPST et le CNRS, et donc sur le positionnement politique national sur la question des Archives Ouvertes. Soyons réalistes : le résultat est décevant. En effet, malgré la volonté réaffirmée de la CPU d’une gestion collaborative de HAL, malgré les recommandations du rapport Salençon, il n’y a aujourd’hui toujours pas de dispositif national de pilotage mutualisé de HAL. Pourtant, Hal fonctionne : les chercheurs déposent, les chercheurs consultent. Pourtant, les initiatives locales fonctionnent, en bonne complémentarité avec HAL et non pas en contradiction : c’est ce qu’a souligné Françoise Thibault, pour qui on peut dire que les archives ouvertes en France sont un bon exemple de politique intermédiaire réussie : une politique impulsée par des structures fonctionnelles, qui a débouché sur un positionnement institutionnel national. Ce positionnement a influencé les choix techniques et stratégiques (pluridisciplinarité, pluri-institutionnalité, typologie des contenus).
Mais on peut dire aussi que le processus lancé en 2006 est un échec politique en terme de coopération : les travaux du comité stratégique, s’ils ont permis de traduire des ambitions fortes de politique scientifique, n’ont pas débouché sur la mise en place d’une structure appropriée..
Plusieurs signes positifs d’un renforcement de la place de l’IST au plan national encouragent cependant la perspective d’une relance du processus, et donc d’un déblocage prochain de la situation :

  • L’IST est désormais reconnue comme infrastructure de recherche
  • La notion de bibliothèque numérique est intégrée dans le plan Besson
  • Un groupe de travail piloté par la BnF est chargé d’établir un schéma numérique pour les bibliothèques.

Comment le développement des AO a-t-il influé sur les relations commerciales avec les éditeurs ? C’est la question à laquelle s’est ensuite attachée à répondre Gaëla Bru, en commençant par rappeler que les bibliothèques ne sont plus dans l’affrontement des années 2000, au cours desquelles les augmentations massives des coûts ont généré un intérêt notable pour les Archives Ouvertes comme alternative au monopole des éditeurs commerciaux. Presque 10 ans après, il paraît illusoire de croire qu’il est possible de revenir en arrière : les chercheurs sont habitués à consommer de l’information scientifique et technique de façon massive et transparente. Cette modification des comportements, conséquence directe du modèle économique d’accès global au catalogue des éditeurs (le fameux Big Deal) a fait disparaître tout moyen d’évaluation du coût réel des revues. La référence aux abonnements au format papier, ou plutôt au chiffre d’affaires apporté par les abonnements papier par les bibliothèques, n’est plus acceptable : une évolution des modèles économiques est nécessaire. Il convient cependant de rester vigilant sur les modèles qui se profilent : basés sur les usages, ils ne sont pas forcément à l’avantage des établissements, comme l’a montré la négociation ACS dernièrement. De plus, les outils d’accès à l’information mis en place par les établissements créent « mécaniquement » des usages fictifs (rebonds des résolveurs de liens, exports vers les systèmes de gestion des références bibliographiques par exemple) qui biaisent la mesure des usages réels. Enfin le mode de collecte des statistiques reste à améliorer : il est à noter que la version 3 de Counter permet de différencier les articles courants des collections d’archives, ce qui est un indicateur qu’il serait intéressant de pouvoir comparer avec les usages des archives ouvertes. Le JISC a d’ailleurs lancé le projet PIRUS pour intégrer les usages au niveau de l’article et non pas uniquement au niveau du titre de la revue, qu’il soit présent chez un éditeur ou bien dans une archive ouverte.
Ces questions, et vraisemblablement un tas d’autres, seront débattues lors de Berlin 7, la conférence internationale sur l’Open Access, qui aura lieu début décembre 2009 à Paris.

Marlène Delhaye.

Geneviève Gourdet

Françoise Thibault et Gaela Bru





L’Europe et au-delà : une échelle pertinente pour les archives ouvertes / Norbert Lossau

19 04 2009

lossauNorbert Lossau, qui a réussi à faire son intervention en anglais sans powerpoint, bravo à lui, a présenté un panorama des projets fédérateurs d’archives ouvertes en cours en Europe :

DRIVER : à l’initiative de la fondation SURF (NL), cette infrastructure d’interconnexion d’ archives ouvertes de plusieurs pays propose un portail, une solution logicielle d’archive ouverte (D-Net), des guidelines, et projette d’intégrer des datasets, ces données statistiques brutes qui nourrissent la recherche.

PEER : dans le cadre du programme E-content plus, ce projet étudie l’impact de l’auto-archivage des articles sur les usages, les modèles tarifaires, etc. Pour ce faire, les éditeurs ont mis à disposition les contenus issus de 300 titres de revues validées par les pairs ; au delà de l’intérêt indéniable de ce projet, l’enjeu est aussi de montrer qu’une collaboration est possible entre éditeurs et universitaires.

OAPEN : l’idée est de créer le plus grand réseau de livres en open access. Orientée SHS, cette initiative va examiner les modèles tarifaires, les licences, les options de numérisation.

– IRO (International Repository Organisation) : il s’agit de créer une autorité indépendante pour promouvoir les archives ouvertes, diffuser une expertise et une assistance aux projets, aider au développement de standards… Bref pour structurer les projets européens, ce qui n’est pas chose facile parce qu’il n’y a pas toujours de structures « locales » dans les pays. Un appel à candidature sera lancé en juin 2009.

Pour ce qui concerne la situation en France,  la nécessité d’une meilleure structuration des intervenants a été soulignée, elle permettrait d’harmoniser le discours vers les chercheurs et les décideurs, pour réussir in fine à ce que toute la production scientifique soit accessible librement.

Marlène Delhaye.

Ecouter Norbert Lossau





Les archives ouvertes et le capital symbolique des chercheurs / J-C Guédon

19 04 2009

JC GuédonL’intervention de Jean-Claude Guédon, qui inaugure ces deux journées d’études, débute par une remise en perspective des AO dans la logique générale de l’accès libre, dont J. C.Guédon rappelle les tenants et les aboutissants [revues en libre accès en particulier, ce qui est l’occasion pour lui d’indiquer ses doutes sur le système de revue dans lequel l’auteur ou son institution supportent le coût de la publication, qui pose problème en particulier pour les pays en développement. Il souligne également que la phase de publication est part intégrale de la recherche, d’où nécessité de soutenir cette première, ce qui relève d’une implication des gouvernements tout à fait logique, d’autant que le surcoût de la publication AO n’est que de 1 à 2 %, soit peu de chose par rapport à la visibilité que les travaux de recherche ainsi publiés vont acquérir.]

Après cette parenthèse,  retour aux AO avec un bref rappel historique ; J. C. Guédon souligne que les premières AO étaient thématiques (modèle arXiv), ce modèle attirant posant in fine beaucoup de questions (particularités de ‘tribus’ telles que les physiciens en haute énergie). Montée en puissance du ‘modèle’ en particulier par SPARC. En parallèle, acceptation des éditeurs de l’auto-archivage, et début de demande chez les organismes financeurs de voir ce qu’ils finançaient devenir visible (Wellcome Trust). Souligne à quel point la conférence de Berlin était sur un positionnement clairement « humaniste », qui s’est accompagné peu à peu d’une prise de corps institutionnelle.

Pour ce qui est de l’entrée en jeu des bibliothécaires, elle a participé à la qualité des AO, a teinté l’approche, J. C. Guédon regrettant que les bibliothèques soient considérées comme simples fournisseurs de services. Par ailleurs, l’implication des bibliothécaires dans les AO les a rendus visibles dans leurs institutions. Rappelle comment les premiers argumentaires utilisés (en particulier, gain de visibilité suite au dépôt en AO ont eu pour conséquences que les dépôts d’AO ont pu se construire de manière quelque peu désordonnée au départ – les logiques de protocoles tendant depuis à lisser tout cela).

Constat de l’ambivalence des chercheurs par rapport aux AO. Rappel de la structure pyramidale de la recherche (beaucoup de chercheurs moyens, peu de génies). Un point d’appui est que, selon J. C. Guédon, « Un chercheur est un grand Narcisse« . Si l’on se souvient par ailleurs de la structure de la recherche et de l’importance pour le chercheur d’être visible et de le rester (car visibilité = financements), la question est alors : comment mettre à « profit » le fonctionnement du chercheur pour promouvoir les AO ?

J. C. Guédon souligne l’importance du capital symbolique pour le chercheur, la structure d’une AO devant nourrir ce capital symbolique et donc le « narcisse » (il utilisera aussi l’image du paon). Comment faire ?

  • Catégoriser, séparer les documents et distinguer l’évalué du non-évalué, et indiquer cette distinction dans les méta-données si possible : cela va permettre de donner une certain légitimité à l’archive. [Revient au passage sur les processus de validation par les pairs, et les travers possibles et connus de ces processus. L’évaluation par les pairs est indispensable mais il ne faut pas la fétichiser. Quelques précisions sur statistiques de citation, Impact Factor, doutes et erreurs. Le facteur d’impact de la revue n’est pas réellement significatif de l’impact individuel des publications/recherches de chaque chercheur, et cette nuance n’est pas intégrée dans l’évaluation des chercheurs.]
  • Malgré les problèmes que cela peut poser avec les éditeurs, travailler sur les versions. La version dans les mains de l’éditeur, pour l’éditeur, doit rester la version de référence. Mais cela n’empêche pas d’avoir d’autres versions du même document en AO et de « contester » la position de « référence » de la version de l’éditeur.
  • Travail de communication à faire pour montrer comment les AO peuvent servir le capital symbolique du chercheur ; et comment ces AO peuvent également lui servir à effectuer ses recherches.
  • Sur ce dernier point, quelques conseils. Repérer les points forts dans l’institution, repérer les autres institutions à points forts similaires ; Fusionner les archives afin d’atteindre une masse critique plus visible. Créer un jury international qui « note » les articles dans ces archives ; Mettre ces notes dans les métadonnées ; Créer des bourses liées aux usages des articles.

En conclusion, il faut reprendre en main la constitution de la valeur symbolique, actuellement laissée dans les mains des compagnies privées.

La science est une grande conversation entre chercheurs. La science a tout à gagner à ce que la conversation s’ouvre plus encore, et une grande partie de l’humanité (pays en voie de développement) ne peut pas prendre part à la conversation actuellement pour des motifs financiers de coût d’accès aux produits de la recherche. Les AO ont un rôle à jouer ici.

Daniel Bourrion

Ecouter Jean-Claude Guédon





Introduction générale aux deux journées / Geneviève Gourdet

19 04 2009

Après un rappel de l’intérêt que Couperin porte aux AO, rappel de la journée d’études d’il y a deux ans, et des enseignements qui ont été tirés d’icelle. Indique que ces deux journées ont été pensées autour de deux approches : la première journée se concentre sur des thématiques plutôt politiques  ; la deuxième journée sera plus technique. Pour la première journée, et dans une optique d’articulations, Geneviève Gourdet souligne l’importance de témoignages « étrangers » afin d’ouvrir vers des perspectives internationales.

Revient ensuite sur les volontés initiales de l’implication de Couperin dans les AO, et fait remarquer que le GTAO nétait prévu que pour durer deux ans, ce qui dénotait peut-être un trop grand optimisme. Quoi qu’il en soit, le GTAO vivant ses dernièrs heures en tant que tel, ces deux journées sont à la fois un bilan conclusif, et doivent relancer les énergies et les structures.

Daniel Bourrion.